Présentation

Dimanche 27 janvier 2008 7 27 /01 /Jan /2008 14:26
Vendu par la paroisse soit avant, soit après la séparation de l'Eglise  et de l'Etat (1905), cet objet  est ensuite passé dans le commerce et a été démonté pour pouvoir vendre séparément ses divers éléments. Ces panneaux sont les éléments d'un meuble du XIVème siècle qui se trouvait autrefois dans la Cathédrale d'Elne. Il s'agit sans doute d'une armoire eucharistique, destinée à conserver le saint sacrement.

Grâce à la bonne volonté de la maison, Brimo de Laroussilhe, antiquaire à Paris, l'armoire a été acquise par la ville d'Elne en 1997 avec le concours du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, de la Fondation du Crédit Agricole-Pays de France et de nombreux souscripteurs ayant répondu à l'appel lancé par la Société des Amis d'Illibéris.


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Les Panneaux

Les panneaux peints composaient primitivement le fond et les côtés de l'armoire, les deux portes ouvrant sur le devant et les revers.

undefined Le fond de l'armoire représente le Christ mort, émergeant du tombeau, ente la VIerge et Saint-Jean: il ne s'agit pas d'une représentation de la mort du Christ sur la croix mais d'une image symbolique de la Passion, représentée de manière synthétique avec tous les instruments qui y ont participé. Cette représentation fait le lien avec l'eucharistie qui était certainement conservée dans cette armoire.

eulalie.jpg






Détail du fond de l'armoire, la résurection (cliché O. Poisson)

Sur les côtés, deux anges regardent cette image. Sur les portes figurent les deux saintes titulaires de la Cathédrale d'Elne, Eulalie et Julie. Le peintre les a représentées en princesses, avec une couronne. Elles tiennent à la main la palme symbole de leur martyre, et un livre.


Au dos de l'armoire, une très belle Vierge allaitant l'enfant Jésus, ou Mare de Deu de la Llet, entourée d'anges musiciens: on y reconnaît les instruments de musiques du moyen-âge: luth, rebec, orgue positif, psaltérion. Sous les pieds de Marie, un croissant de lune, allusion à la Femme de l'Apocalypse.
 Au dos des côtés, des peintures du XVIIème siècle représentent des blasons.

vierge.jpg                                                              La Mare de Deu de la Llet (cliché Olivier Poisson)

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Le Maître d'Elne

Marcel Durliat a attribué l'armoire d'Elne à un peintre de la fin du XIVème siècle dont on reconnaît aussi la main dans le retable de Saint-Michel, conservé dans la Cathédrale : ce peintre serait le "le maître d'Elne".
 Peut-être faut-il l'identifier avec un peintre de Perpignan, Pere Baro, dont on ne connait pas les oeuvres, mais dont les archives nous disent qu'il a peint des retables et des armoires liturgiques en Roussillon à cette époqie. En particulier, il a peint une armoire pour Ortaffa en 1371. Pere Baro est mort à Perpignan en 1399.
  La peinture gothique catalane de cette époque est dominée par l'atelier des frères Pere et Jaume Serra de Barcelone, qui peignent pour le Comte-Roi et introduisent en Catalogne le goût élégant et raffiné des maîtres italiens. Leur style est particulièrement inspiré des grands maîtres siennois du XIVème siècle, et ils ont à leur tour visiblement inspiré le Maître d'Elne.

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Une armoire eucharistique

Il n'y a actuellement au monde quetrois amroires de ce type qui soient connues. Une est à Barcelone, au Musée National d'Art de Catalogne, l'autre a été récemment acquise par une université américaine, la trosième est celle d'Elne.
Ces armoires servaient à conserver le saint sacrement, c'est à dire l'hostie consacrée, placée dans une pièce d'orfèvrerie. C'est donc l'ancêtre des tabernacles que l'on voit encore de nos jours sur les autels des églises. 
  L'armoire d'Elne a été malheureusement maltraitée pour pouvoir être vendue plus facilement. Vers 1980, le meuble qui était presque intact jusque-là, a été démonté, et les différents panneaux ont été séparés. Le plafond de l'armoire, en forme de voûtes d'ogives en bois, a été perdu. Le haut de la façade, avec l'emblème aux cinq plaies, a également disparu. Du plancher de l'armoire, il ne reste qu'un fragment, avec des traces d'assemblages en queue d'aronde.



Bibliographie complémentaire : _DURLIAT Marcel, Arts anciens du Roussillon, Perpignan, 1954.
                                             _ALCOY Rosa, "L'armari liturgic de la catedral d'Elna i el seu mestre pintor, la formacio, l'estil, els models i el cataleg", dans Elne, ville et Territoire, l'historien et l'archéologue dans la cité, IIème rencontre d'histoire et d'archéologie d'Elne, la Société des Amis d'Illibéris, 2003, p.287-304.


Par Les Amis d'Illiberis
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